Essai Porchet : comment se mesure la perméabilité ?

15 mm/h : sous cette vitesse d'infiltration, l'arrêté du 7 septembre 2009 ne permet plus de confier le traitement des eaux usées d'une maison au sol en place. L'essai Porchet mesure ce chiffre sur votre terrain, trou par trou, avant le choix de l'assainissement individuel. Nous expliquons comment il se déroule, comment lire le résultat et quelles solutions existent quand votre sol boit trop peu ou trop vite.

Fiche pratique : L'essai Porchet. L'essentiel : Le test Porchet mesure la perméabilité du sol, exprimée en mm/h.

Les points clés à retenir

  • 15 à 500 mm/h sur 0,70 m au moins : la plage fixée par l'arrêté du 7 septembre 2009 pour confier le traitement des eaux usées au sol en place.
  • 4 heures de saturation, 10 minutes de mesure : le trou reste noyé avant le relevé, pour reproduire un sol qui reçoit des eaux usées tous les jours.
  • Trois points de mesure sont la pratique courante pour une maison, à adapter à la parcelle, car la perméabilité change d'un coin à l'autre du terrain.
  • À partir de 10 mm/h, l'infiltration d'eaux déjà traitées par un dispositif agréé devient envisageable, même quand le sol ne peut pas assurer l'épuration.
Sommaire
  1. Ce que mesure l'essai Porchet
  2. Le déroulé de l'essai sur le terrain
  3. Calculer et lire le résultat
  4. Sol trop lent ou trop rapide : les solutions
  5. Porchet, Matsuo, Lefranc : trois essais, trois usages
  6. Faire le test soi-même ou passer par un bureau d'études
  7. Questions fréquentes

Ce que mesure l'essai Porchet

L'essai Porchet mesure la vitesse à laquelle l'eau s'enfonce dans votre terrain, en millimètres par heure. Ce chiffre s'appelle le coefficient de perméabilité, noté K. C'est l'une des données qu'examine le service public d'assainissement non collectif (SPANC) pour juger si votre sol est apte à recevoir et épurer les eaux usées de la maison, à côté de la pente, de la nappe et de la place disponible.

Le test se fait sur la parcelle, jamais en laboratoire. Il s'inscrit dans l'étude de sol que votre commune peut exiger pour un assainissement individuel, quand la maison ne peut pas se raccorder au tout-à-l'égout.

Dans un sable, le trou se vide à vue d'œil. Dans une argile compacte, le niveau bouge à peine en dix minutes. Entre ces deux extrêmes se trouve la plage recherchée, où le sol laisse passer l'eau assez lentement pour la filtrer. Le NF DTU 64.1 s'appuie sur cette méthode pour dimensionner les épandages, et le protocole complet est repris sur la fiche détaillée de l'essai Porchet.

Le déroulé de l'essai sur le terrain

La méthode courante travaille à niveau constant : le technicien garde la même hauteur d'eau dans le trou et compte ce qu'il doit rajouter. Les dimensions et durées ci-dessous viennent du protocole technique diffusé par les collectivités. L'arrêté de 2009, lui, fixe les seuils à atteindre.

  1. Creuser le trou. 30 cm de côté à la bêche, ou 15 cm de diamètre à la tarière, sur 70 cm de profondeur. C'est le niveau des futures tranchées d'épandage. Le fond n'est pas tassé, et les parois lissées par l'outil sont grattées en terrain argileux.
  2. Saturer le sol pendant 4 heures. L'eau est maintenue à 25 cm au-dessus du fond, au tuyau d'arrosage ou au bidon. Le sol se retrouve gorgé, comme sous une installation en service.
  3. Mesurer pendant 10 minutes. Le technicien note le volume versé pour garder les 25 cm d'eau. Une bouteille graduée suffit.
  4. Recommencer ailleurs. Trois trous est le nombre courant, répartis sur la zone de l'épandage prévu, davantage si le terrain change d'aspect.

La saturation occupe presque toute la visite. Les trous se remplissent en parallèle, donc trois essais tiennent en général dans une demi-journée.

Pour rappel : l'essai perd son sens si de l'eau arrive par le fond ou les parois du trou. Un sol engorgé après de longues pluies, ou une nappe haute en hiver, perturbe aussi la lecture du résultat. Le rapport doit donc indiquer la date de l'intervention et les conditions observées.

Calculer et lire le résultat

La formule du coefficient K

K (mm/h) = volume rajouté en 10 minutes (litres) × 6 ÷ surface mouillée (m²)

Le « × 6 » ramène les 10 minutes à une heure. Et un litre étalé sur un mètre carré forme une lame d'eau de 1 mm, d'où le résultat en millimètres. Pour un trou carré, la surface mouillée additionne le fond et les quatre parois noyées : 0,30 × 0,30 + 4 × 0,30 × 0,25, soit 0,39 m².

Un exemple chiffré. Le technicien verse 3 litres en 10 minutes pour garder le niveau. K vaut 3 × 6 ÷ 0,39, soit environ 46 mm/h. Ce terrain entre dans la plage d'un épandage classique. La définition complète et les ordres de grandeur par type de terrain figurent dans l'article consacré au coefficient de perméabilité K.

Les seuils fixés par l'arrêté de 2009

L'arrêté du 7 septembre 2009 sur les installations d'assainissement non collectif fixe les valeurs à retenir. La colonne en m/s sert à comparer avec les rapports qui utilisent cette unité (il suffit de diviser les mm/h par 3 600 000).

K mesuréÉquivalent en m/sCe que prévoit l'arrêté
Moins de 10 mm/hMoins de 2,8 × 10⁻⁶Le sol ne traite pas les eaux usées et n'infiltre pas non plus les eaux traitées
10 à 15 mm/h2,8 à 4,2 × 10⁻⁶Pas d'épuration par le sol, mais infiltration possible d'eaux déjà traitées
15 à 500 mm/h4,2 × 10⁻⁶ à 1,4 × 10⁻⁴Sol apte à épurer les eaux prétraitées, sur 0,70 m d'épaisseur au moins
Plus de 500 mm/hPlus de 1,4 × 10⁻⁴L'eau file trop vite : un filtre à sable vertical non drainé est reconstitué

Le chiffre ne décide pas tout. L'arrêté demande aussi une pente adaptée, un terrain non inondable et l'absence de nappe à moins d'un mètre du fond de fouille, hors hautes eaux exceptionnelles.

Fiche pratique : Essai Porchet : lire le résultat (Entre 15 et 500 mm/h, Hors de cette plage, Autre solution, Décision)
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Un géotechnicien réalise les essais et propose la filière adaptée.
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Sol trop lent ou trop rapide : les solutions

Un résultat hors de la plage 15 à 500 mm/h écarte l'épandage dans le sol en place. Une autre filière s'étudie alors, sous réserve des autres contraintes de la parcelle.

Situation sur la parcelleSolution généralement retenue
Sol sous 15 mm/h, sans nappe procheSol reconstitué, par exemple un filtre à sable vertical drainé, ou dispositif de traitement agréé adapté au projet (certaines micro-stations, certains filtres compacts)
Eaux traitées, sol entre 10 et 15 mm/hInfiltration des eaux traitées sur la parcelle envisageable, si les autres conditions sont réunies
Sol qui n'infiltre pas les eaux traitéesRejet vers un fossé ou un cours d'eau admis à deux conditions : une étude particulière montre qu'aucune autre évacuation n'est possible, et le propriétaire ou le gestionnaire du milieu donne son autorisation
Nappe proche de la surfaceTertre d'infiltration, massif de sable monté au-dessus du terrain naturel
Sol au-delà de 500 mm/hFiltre à sable vertical non drainé, pour épurer l'eau avant qu'elle ne rejoigne le sous-sol

Le bureau d'études propose la filière, le SPANC donne son avis sur le projet. Ce choix se prépare au moment de l'étude de sol menée avant d'installer une fosse toutes eaux, la « fosse septique » du langage courant, bien avant les terrassements.

Important : un terrain décaissé ou remblayé n'a plus la perméabilité mesurée au départ. Si des terrassements touchent la zone de l'épandage, le test se refait sur le sol remanié.

Sol argileux ou nappe haute
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Porchet, Matsuo, Lefranc : trois essais, trois usages

Les trois tests mesurent la perméabilité. Ils diffèrent par l'endroit où ils sondent le terrain et par le projet qu'ils servent.

EssaiOù il se faitUnité couranteProjet visé
PorchetPetit trou de 70 cm, à la bêche ou à la tarièremm/hAssainissement d'une maison
MatsuoFosse à la pelle, d'environ 0,5 m sur 1 à 1,5 mm/sInfiltration des eaux de pluie
LefrancCavité au fond d'un forage, sous la nappem/sSous-sol, drainage, fouille profonde

L'essai Matsuo pour les eaux de pluie

Une mini-pelle ouvre une fosse, mouillée 15 à 30 minutes, puis remplie. Le niveau descend librement et le technicien chronomètre la baisse. La grande surface testée colle mieux à une noue ou à un bassin. L'essai n'a pas de norme propre, son résultat reste un ordre de grandeur. Il intervient surtout pour le test de perméabilité avant d'infiltrer les eaux de pluie. Le protocole et ses limites sont détaillés dans notre dossier technique sur l'essai à la fosse.

L'essai Lefranc pour les projets sous la nappe

Le Lefranc se mène au fond d'un forage, sous le niveau de la nappe, à une ou plusieurs profondeurs. Il sert à caractériser le terrain en profondeur, par exemple pour certains projets avec sous-sol ou travaux sous la nappe. Son cadre est la norme NF EN ISO 22282-2. Il accompagne les sondages réalisés par le géotechnicien sur place. Pour une maison sans sous-sol qui cherche sa filière d'assainissement, il n'entre presque jamais en jeu. Les deux modes de mesure sont présentés dans l'explication de l'essai de perméabilité en forage.

Faire le test soi-même ou passer par un bureau d'études

Certaines collectivités publient le protocole et laissent le propriétaire réaliser le test. La fiche de test d'infiltration de l'agglomération du Grand Guéret prévoit la signature du pétitionnaire. Elle précise pourtant que le résultat reste indicatif et recommande une étude par un bureau spécialisé.

Pour une construction neuve, le SPANC contrôle la conception du projet et délivre une attestation de conformité, à joindre au permis de construire. Notre avis de terrain : gardez le test maison pour vous faire une idée, pas pour monter le dossier. Un rapport solide contient au minimum :

  • la date de l'essai et la météo des jours précédents
  • un plan situant chaque trou sur la parcelle
  • la profondeur, le volume versé et le K de chaque essai
  • la description des couches de sol, avec les taches grises ou rouille qui signalent un engorgement
  • la filière proposée et son dimensionnement
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Questions fréquentes

Qu'est-ce que l'essai Porchet ?

C'est un test de perméabilité réalisé sur le terrain. Un trou de 70 cm est saturé d'eau, puis le technicien mesure l'eau à rajouter pour garder un niveau fixe. Le résultat, le coefficient K en mm/h, indique si le sol est capable d'épurer des eaux usées.

Comment se déroule un essai Porchet ?

Le technicien creuse un trou de 30 cm de côté sur 70 cm, puis maintient 25 cm d'eau pendant 4 heures. Il relève ensuite le volume versé en 10 minutes pour garder ce niveau. L'opération se répète en plusieurs points, trois en pratique courante.

Combien de temps dure un essai Porchet ?

La mesure dure 10 minutes, mais la saturation préalable demande au moins 4 heures. Les trous se remplissent en parallèle, si bien qu'une demi-journée sur place suffit en général pour trois essais.

À quelle profondeur creuse-t-on le trou ?

À 70 cm, la profondeur retenue pour les tranchées d'épandage qui recevront les eaux prétraitées. Pour un autre dispositif, le technicien cale la profondeur sur celle de l'ouvrage prévu.

Comment calcule-t-on le coefficient K ?

K en mm/h égale le volume rajouté en 10 minutes, en litres, multiplié par 6 puis divisé par la surface mouillée en m². Pour un trou carré de 30 cm avec 25 cm d'eau, cette surface vaut 0,39 m².

Quelle perméabilité convient à un épandage ?

L'arrêté du 7 septembre 2009 retient une perméabilité comprise entre 15 et 500 mm/h, sur au moins 70 cm de sol. Dans cette plage, le terrain en place filtre et épure les eaux sorties de la fosse toutes eaux.

Que faire si le sol infiltre mal ?

Sous 15 mm/h, le traitement par le sol en place ne remplit plus les conditions de l'arrêté. Un massif reconstitué ou un dispositif agréé adapté au projet s'étudie alors. Si le sol n'infiltre pas les eaux traitées, un rejet vers un fossé exige une étude particulière et une autorisation.

Que faire si le sol est trop perméable ?

Au-delà de 500 mm/h, l'eau atteindrait le sous-sol sans être épurée. L'arrêté prévoit alors de reconstituer un filtre à sable vertical non drainé, qui ralentit l'eau et assure la filtration.

Quelle différence avec les essais Matsuo et Lefranc ?

Le Porchet teste un petit trou en surface pour l'assainissement d'une maison. Le Matsuo teste une grande fosse pour infiltrer les eaux de pluie. Le Lefranc mesure la perméabilité au fond d'un forage, sous la nappe, pour les projets en profondeur.

Peut-on réaliser l'essai Porchet soi-même ?

Certaines collectivités fournissent un protocole et une fiche de relevé au propriétaire. Le résultat reste indicatif. Pour le dossier soumis au SPANC, une étude de sol confiée à un bureau spécialisé reste la voie la plus sûre.

Pourquoi éviter un essai après de fortes pluies ?

Un sol engorgé ou une nappe proche perturbent la lecture de l'essai, et la perméabilité mesurée risque de paraître plus faible qu'en temps normal. Le rapport doit préciser les conditions de réalisation.

Comment convertir des mm/h en m/s ?

Il suffit de diviser la valeur en mm/h par 3 600 000. Ainsi, 15 mm/h correspondent à environ 4,2 × 10⁻⁶ m/s, et 500 mm/h à environ 1,4 × 10⁻⁴ m/s.

À retenir

  • Le test se lit trou par trou, puis sur l'ensemble de la parcelle.
  • Un sol hors de la plage 15 à 500 mm/h oriente vers une autre filière, à étudier avec le bureau d'études et le SPANC.
  • Un sol engorgé, une nappe haute ou un terrassement perturbent la mesure.
  • Le Matsuo et le Lefranc répondent à d'autres projets que l'assainissement d'une maison.
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