La norme française NF P 94-500 de novembre 2013 place l'étude de sol G3 et la mission G4 dans la même étape, celle du chantier, avec deux commanditaires différents. La G3 est réalisée pour le compte de l'entreprise qui exécute les fondations, la G4 pour le compte du maître d'ouvrage, c'est-à-dire vous si vous faites construire. Aucun texte ne rend ces deux missions obligatoires pour une maison. Nous vous expliquons ce que chacune vérifie sur place, qui la paie et dans quels cas elle vaut la dépense pour une maison.

Les points clés à retenir
- Norme NF P 94-500 de 2013 : la G3 et la G4 se déroulent en même temps, pendant les travaux, confiées à deux bureaux d'études distincts.
- G3 à la charge de l'entreprise, sauf clause contraire du marché : son coût apparaît dans le devis des travaux, pas dans une facture à part.
- 1 500 à 3 000 € environ pour une G4 sur une maison, à titre indicatif, et davantage sur un chantier complexe.
- Aucun texte de loi n'impose la G3 ni la G4 pour une maison. Un contrat, un marché ou un assureur peut en revanche les exiger.
Sommaire de l'article
Deux missions, deux camps sur le même chantier
La G3 fait travailler un géotechnicien pour l'entreprise : il détaille les fondations, suit les fouilles et adapte le projet si le sol surprend. La G4 place un second géotechnicien de votre côté. Il examine ces choix et rend des avis écrits. Les deux missions se déroulent pendant la même étape, celle de la réalisation, et avancent au rythme du chantier.
Elles interviennent après la conception, jamais à sa place. Pour voir où elles se situent dans l'ordre complet, du terrain nu à la maison habitée, notre guide sur les cinq missions d'ingénierie géotechnique reprend l'enchaînement étape par étape.
| Critère | G3 : étude et suivi d'exécution | G4 : supervision d'exécution |
|---|---|---|
| Pour le compte de | L'entreprise de travaux | Le maître d'ouvrage |
| Qui la règle | L'entreprise, sauf clause contraire du marché | Le maître d'ouvrage, par un contrat à part |
| Ce qu'elle produit | Note d'hypothèses, calculs, plans d'exécution, comptes rendus de chantier | Des avis écrits sur ces documents et sur les constats de terrain |
| Présence sur place | Suivi de l'exécution des fondations, terrassements et soutènements, et du sol réellement rencontré | Passages ponctuels aux étapes sensibles |
| Face à un sol inattendu | Propose l'adaptation | Se prononce sur l'adaptation proposée |
| En fin de chantier | Rédige la partie géotechnique du dossier des ouvrages exécutés | Donne un avis sur ce dossier |
Avant elles, l'étude de sol G1 a repéré les risques du terrain, puis la G2 a dimensionné les fondations. La G3 part de ce dossier et le confronte au sol que la pelle met à nu. Les cas où la frontière entre les deux missions devient floue sont détaillés dans le guide d'expertgeotechnique.com consacré à la comparaison poste par poste de la G3 et de la G4.
Sur les devis, les deux missions portent souvent des sigles de maîtrise d'œuvre : « G3 EXE/VISA » ou « G4 DET/AOR », par exemple. EXE désigne les études d'exécution, VISA leur contrôle par le maître d'œuvre, DET la direction des travaux et AOR l'aide à la réception. Ces sigles indiquent à quel moment du chantier la mission intervient, rien de plus.

Le travail du géotechnicien de la G3
La G3 se déroule en deux phases qui s'emboîtent. La première prépare les fondations sur le papier, la seconde les suit sur le terrain.
Phase étude, avant les fondations
La norme prévoit que le géotechnicien parte des données de la G2 en phase DCE/ACT, celle qui prépare la consultation des entreprises et le contrat de travaux. Pour une maison, cette phase est souvent négligée, et la G3 repart alors du rapport de la phase projet (PRO). Le géotechnicien fixe ensuite les hypothèses de sol dans une note. Il en tire le dimensionnement des fondations, l'ordre des opérations et des valeurs seuils : un tassement ou un niveau d'eau au-delà duquel il faut réagir. Si une zone a été peu sondée, il lance des investigations complémentaires.
Phase suivi, pendant les travaux
Il descend voir le fond de fouille : nature du sol, profondeur atteinte, venues d'eau. Il compare avec ce que le dossier annonçait et déclenche, si besoin, les adaptations prévues. En fin de chantier, il rédige la partie géotechnique du dossier des ouvrages exécutés (DOE) et fournit les éléments du dossier d'interventions ultérieures sur l'ouvrage (DIUO), consulté avant tout futur chantier.
Ce contrôle sur place a une raison simple. Les sondages de conception ne touchent que quelques points de la parcelle, comme le montre le déroulement d'une étude de sol sur le terrain. Entre deux forages, une poche de remblai ou une lentille d'argile molle passe inaperçue. La liste des documents remis en G3, pièce par pièce, figure dans le guide d'expertgeotechnique.com consacré à la mission G3 menée côté entreprise.
La G4, un second regard pour votre compte
Le superviseur de la G4 vérifie que les hypothèses retenues en G3 tiennent. Il lit la note d'hypothèses, les calculs et les plans. Il passe ensuite sur le chantier aux moments sensibles : terrassement des fouilles, forage des pieux, construction d'un mur de soutènement. Il ne se substitue pas au géotechnicien de la G3 et ne dirige pas l'entreprise : il donne un avis sur la pertinence des hypothèses, des dimensionnements, des méthodes et des adaptations proposées.
La G4 suit le chantier par interventions ponctuelles, en parallèle de la G3, puis donne un avis sur le dossier de fin de chantier. Un avis rendu après le coulage du béton arriverait trop tard pour changer une fondation, d'où l'intérêt de la commander avant le premier coup de pelle.
Important : selon la norme, le superviseur de la G4 émet un avis destiné au visa que donne la maîtrise d'œuvre. La G4 ne remplace donc pas les missions du maître d'œuvre. Vérifiez sur le devis que le rôle de chacun est bien décrit.
La norme prévoit deux ingénieries géotechniques différentes, l'une pour le maître d'ouvrage, l'autre pour l'entreprise. Elle recommande aussi de confier les missions du maître d'ouvrage à une même entité : le bureau qui a mené votre G2 est donc bien placé pour la G4, celui de la G3 ne l'est pas. Le Cerema, établissement public, propose d'ailleurs les missions G1, G2, G4 et G5 dans son offre d'études géotechniques, mais pas la G3.
Le rythme des passages dépend de l'ouvrage. Une maison sur semelles n'appelle pas le même suivi qu'une maison sur micropieux, et nos guides expliquent comment la nature du sol oriente le choix des fondations. Avant de signer un devis de supervision, relisez le guide d'expertgeotechnique.com consacré à la supervision G4 et ses livrables.
Pour une maison, un besoin qui reste rare
Aucun texte ne rend la G3 ou la G4 obligatoire pour une maison individuelle. Les articles L132-4 à L132-9 du Code de la construction et de l'habitation portent sur les terrains exposés aux argiles et visent l'étude préalable et l'étude de conception, pas le suivi du chantier. Ces études-là peuvent donc être obligatoires pour votre maison, selon la zone et la situation. La norme NF P 94-500, elle, décrit les missions sans avoir force de loi : un contrat, un marché ou un assureur peut rendre la G3 ou la G4 exigible.
Sur une maison de plain-pied posée sur semelles filantes, dans un sol homogène, ces missions sont rarement commandées. Un suivi géotechnique formalisé devient pertinent dans ces situations :
- Fondations profondes. Micropieux ou pieux, dont la longueur dépend d'une couche porteuse qu'il faut réellement atteindre.
- Terrassement profond. Sous-sol, pièce enterrée ou déblai creusé contre un talus.
- Soutènement. Un mur ou une paroi retient la terre pendant et après les travaux.
- Sol capricieux. Remblai ancien, nappe proche de la surface, argile en exposition forte.
- Voisins proches. Une construction mitoyenne à quelques mètres de la fouille.
En contrat de construction de maison individuelle, vérifiez les missions prévues au contrat. La G4 est réalisée pour le compte du maître d'ouvrage : si elle n'y figure pas, vous pouvez la commander directement à un bureau d'études. Pour trouver un bureau sans lien avec l'entreprise, l'annuaire des membres de l'Union Syndicale Géotechnique recense les bureaux d'études avec leur territoire d'activité.
Micropieux, sous-sol ou terrain délicat
Un géotechnicien évalue si votre chantier justifie une G3 ou une G4.
Qui paie et quel budget prévoir
Pour une maison, les devis de G4 relevés vont en général de 1 500 à 3 000 €, davantage sur un chantier complexe. La G3, quand elle figure au marché de l'entreprise, apparaît dans le devis des travaux, sous forme de ligne dédiée ou incluse dans le prix global.
| Mission | Qui la paie | Où la trouver | Ordre de grandeur pour une maison |
|---|---|---|---|
| G3 | L'entreprise de travaux | Le devis de l'entreprise de travaux | Comprise dans le prix des travaux ou détaillée à part |
| G4 | Le maître d'ouvrage | Un contrat séparé avec un bureau d'études géotechniques | 1 500 à 3 000 € |
Fourchette relevée auprès de bureaux d'études et de guides de prix, donnée à titre indicatif. La région, la durée du chantier et le type de fondations font varier le devis.
Le nombre de passages sur le chantier compte aussi : une maison sur semelles avec un seul passage coûte moins cher qu'un chantier sur micropieux suivi à chaque étape. Un bureau qui n'a pas réalisé la G2 doit aussi reprendre le dossier avant son premier avis, ce qui alourdit un peu la note.
Quand le sol ne correspond pas au rapport
C'est le scénario qui justifie ces missions. Prenons un dossier de conception qui annonce une couche porteuse à 1,20 m, alors que la pelle trouve un remblai jusqu'à 2 m. Voici l'enchaînement attendu quand G3 et G4 sont en place.
- Constat en fond de fouille. L'écart est mesuré et photographié avant tout coulage de béton.
- Proposition de la G3. Une solution qui répond au problème constaté : semelles plus profondes ou micropieux si le sol porte mal, drainage si l'eau est en cause. Des sondages complémentaires tranchent un doute.
- Avis de la G4. Le superviseur se prononce sur la solution et prévient le maître d'ouvrage.
- Décision écrite. Le maître d'œuvre valide, l'entreprise exécute et l'adaptation entre au dossier de fin de chantier.
Sans G3 ni G4, la façon de constater et de valider une adaptation dépend des intervenants prévus au contrat. Faites alors consigner par écrit ce qui a été vu et décidé : si des fissures apparaissent quelques années plus tard, cet écrit sera précieux.
Pour rappel : rangez le DOE géotechnique et les avis de la G4 avec les papiers de la maison. Ils décrivent le sol réellement rencontré et servent de base en cas de sinistre ou de nouveaux travaux.
Questions fréquentes
Quelle différence entre G3 et G4 ?
La G3 est menée pour l'entreprise : son géotechnicien détaille les fondations et suit les fouilles. La G4 est menée pour le maître d'ouvrage : un second géotechnicien relit ces choix et rend un avis écrit. Les deux se déroulent en même temps, pendant les travaux.
La G3 est-elle obligatoire pour une maison ?
Non, aucun texte ne l'impose en tant que telle pour une maison individuelle. Elle devient exigible si un marché, un contrat ou un assureur la prévoit. Elle est surtout pertinente avec des fondations profondes, un sous-sol ou un sol difficile.
Qui paie ces missions ?
La G3 est à la charge de l'entreprise de travaux, sauf clause contraire du marché, et figure dans son devis. La G4 est à la charge du maître d'ouvrage, en général par un contrat séparé avec un bureau d'études.
Que se passe-t-il si le sol diffère du rapport ?
Le géotechnicien de la G3 constate l'écart et propose une solution qui répond au problème, comme des semelles plus profondes, des micropieux ou un drainage. Le superviseur de la G4 donne son avis, puis la solution est validée avant la reprise des travaux.
La G4 est-elle obligatoire ?
Non plus. Aucun texte ne l'impose pour une maison. Un cahier des charges, un contrat de maîtrise d'œuvre ou un assureur peut en revanche la rendre exigible.
Un même bureau peut-il faire la G3 et la G4 ?
Non. La norme prévoit deux ingénieries géotechniques différentes, une pour l'entreprise et une pour le maître d'ouvrage. En pratique, un même bureau se retrouverait à superviser ses propres calculs.
Le bureau de la G2 peut-il réaliser la G4 ?
Oui, et la norme le recommande. Ce bureau connaît déjà les sondages et les hypothèses de sol, ce qui évite de reprendre le dossier à zéro.
Combien coûte une G4 pour une maison ?
À titre indicatif, de 1 500 à 3 000 € pour une maison, parfois davantage. Le montant varie selon le nombre de passages, la durée du chantier, le type de fondations et la région.
La G4 contrôle-t-elle seulement les travaux terminés ?
Pas seulement. La G4 intervient pendant l'exécution, par des passages ponctuels en parallèle de la G3, puis donne un avis sur le dossier de fin de chantier. Son intérêt principal se situe avant les coulages de béton.
Une G4 sans G3 a-t-elle un intérêt ?
La G4 est conçue pour superviser une G3. Sans G3, le contenu de la mission doit être défini sur mesure avec le géotechnicien, car la supervision ne remplace pas l'étude et le suivi d'exécution.
Le constructeur de maison individuelle fait-il une G3 ?
Cela dépend de son marché. Un contrôle du fond de fouille ne vaut pas forcément une G3 complète au sens de la norme. Demandez-lui par écrit quelles vérifications du sol et quels documents sont prévus.
Que reste-t-il de ces missions après le chantier ?
La partie géotechnique du dossier des ouvrages exécutés, établie en G3, et les avis de la G4. Ces documents décrivent le sol rencontré et servent pour tout sinistre ou futur chantier.
Des fondations bien calées dès la conception
Décrivez votre terrain et recevez un devis d'étude de sol sans engagement.
Pour aller plus loin