Depuis le 1er octobre 2020, le vendeur d'un terrain nu constructible en zone d'exposition moyenne ou forte aux argiles doit fournir une étude de sol G1. Un arrêté du 22 juillet 2020 fixe son contenu : enquête documentaire, visite du site, puis deux phases, l'étude de site (ES) et les principes généraux de construction (PGC). Nous vous montrons ce que contient le rapport, avec deux exemples réels, et pourquoi il ne suffit pas pour fixer vos fondations.

Les points clés à retenir
- Article R132-4 du Code de la construction : la G1 identifie les risques géotechniques du site et définit des principes généraux de construction.
- Deux phases composent la mission : l'étude de site, documentaire avec visite, puis les principes généraux de construction.
- 30 ans de validité pour une G1, à condition que le sol du terrain n'ait pas été remanié depuis la date du rapport.
- Norme NF P 94-500 de novembre 2013 : une G1 menée selon cette norme, phases ES et PGC comprises, est présumée conforme.
Sommaire de l'article
Le rôle de l'étude G1
La G1 dit sur quel sol vous vous trouvez, avant qu'un projet de maison existe. L'article R132-4 du Code de la construction lui confie deux tâches : identifier une première fois les risques géotechniques du site, puis poser des principes généraux de construction face au retrait-gonflement des argiles.
Le rapport vous renseigne sur trois points :
- La nature du sol : argile, limon, sable, remblai ou roche, avec une épaisseur approximative pour chaque couche.
- Les aléas du site : argile sensible à la sécheresse, présence d'eau, cavités connues, pente.
- Les grandes orientations : selon les cas, type de fondations envisageable, conditions d'ancrage et précautions autour de la future maison.
C'est la première marche de la chaîne des études géotechniques. Pour voir comment elle s'articule avec la suite, jusqu'au diagnostic de fissures, lisez notre guide sur les missions G1 à G5 et leur enchaînement.

Phase ES et phase PGC
La norme NF P 94-500 découpe la G1 en deux phases qui se suivent. Pour une vente soumise à l'obligation, le rapport doit contenir les deux.
La phase étude de site (ES)
C'est une enquête. Le géotechnicien consulte la carte géologique, le zonage argile, les sondages déjà réalisés dans le secteur et les plans de prévention des risques de la commune. Puis il se rend sur place. Il regarde la pente, les traces d'eau, les arbres, l'état des maisons voisines et l'accès pour un petit engin de sondage. Il en tire un modèle géologique préliminaire du terrain.
La phase principes généraux de construction (PGC)
Elle transforme ces constats en consignes. L'arrêté du 22 juillet 2020 prévoit, si besoin, un programme d'investigations pour réduire les incertitudes. En pratique, il prend souvent la forme de sondages légers au pénétromètre, à la tarière ou à la pelle, avec quelques essais en laboratoire sur l'argile.
Le rapport peut alors orienter vers un type de fondations, des conditions d'ancrage et des précautions autour de la maison. Les essais pratiqués pendant cette phase sont détaillés dans le guide d'expertgeotechnique.com consacré à la phase PGC et ses sondages.
| Critère | Phase ES | Phase PGC |
|---|---|---|
| Objectif | Repérer les aléas du site | Orienter la façon de construire |
| Méthode | Enquête documentaire et visite du site | Analyse des données, investigations si besoin (sondages légers, essais) |
| Livrable | Modèle géologique préliminaire | Principes de fondation et précautions |
| Suffit seule pour une G1 complète | Non, les principes de construction manquent | Non, elle s'appuie sur la phase ES |
| Rapport ES + PGC | G1 complète, présumée conforme si elle suit la norme NF P 94-500 | |

Deux rapports G1 réels, côte à côte
Un rapport G1 aligne souvent des coupes, des graphiques et des sigles sur plus de 20 pages. Pour vous aider à le lire, nous avons comparé deux rapports G1 PGC publiés par des organismes publics. Le premier porte sur un lotissement à Dissay, dans la Vienne, en 2021. Le second porte sur un lotissement de 38 lots aux Herbiers, en Vendée, en juin 2026.
| Rubrique | Dissay (86), 2021 | Les Herbiers (85), 2026 |
|---|---|---|
| Commanditaire | Office public de l'habitat | Mairie |
| Aléa argile relevé | Moyen | Faible |
| Investigations | 5 pénétromètres jusqu'à 8 m ou au refus, 5 tarières à 3 m, 3 essais de plasticité | 26 sondages à la pelle, 6 pénétromètres, 3 mesures de teneur en eau et 3 valeurs de bleu |
| Sol rencontré | Argile moyennement plastique sur 2 m à plus de 3 m | Remblai, puis limon, puis schiste altéré entre 0,4 et 1 m de profondeur |
| Eau | Aucune le jour des sondages | Aucune le jour des sondages |
| Fondations proposées | Superficielles pour des charges faibles, ancrées à 1,2 m minimum sous le terrain fini | Semelles ancrées de 0,2 m dans le schiste et à 0,5 m minimum sous le terrain fini |
| Plancher bas | Plancher porté sur vide sanitaire | Dallage sur terre-plein possible |
| Suite demandée | G2 AVP puis G2 PRO | G2 AVP |
La nature du sol fait toute la différence. À Dissay, le sol plastique impose un ancrage profond et un vide sanitaire. Aux Herbiers, les essais concluent que le limon et le schiste ne sont pas gonflants, même si le limon reste sensible aux variations d'humidité. Le rapport retient alors la profondeur hors gel de 0,5 m. Les deux rapports se terminent pourtant de la même façon : une G2 reste à faire avant de construire. Vous pouvez consulter le rapport de Dissay (PDF) et celui des Herbiers (PDF).
Avant de transmettre un rapport G1 au notaire ou à un acheteur, passez ces points en revue :
- La date du rapport et la référence cadastrale de la parcelle, section et numéro compris.
- La mention d'une mission G1 avec ses deux phases, étude de site et principes généraux de construction.
- Le compte rendu de la visite du site et le niveau d'exposition du terrain aux argiles.
- La liste des investigations menées, ou la raison pour laquelle aucune n'a été jugée utile.
- Les principes de fondation proposés et la mission recommandée pour la suite, en général une G2.
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Pourquoi la G1 ne dimensionne pas les fondations
Dimensionner une fondation, c'est fixer sa largeur, sa profondeur exacte et son ferraillage à partir du poids réel de la maison. La G1 ne connaît pas ce poids. Le rapport des Herbiers l'écrit clairement : la capacité portante du sol ne peut pas être établie à ce stade et relève d'une G2 AVP.
- Aucun plan de maison : sans implantation, caractéristiques du bâtiment ni charges réelles, aucun dimensionnement définitif n'est possible. À Dissay, le géotechnicien précise que les plans des constructions ne lui ont pas été transmis.
- Des sondages ponctuels : quelques points répartis sur la parcelle, pas forcément sous l'emprise de la future maison.
- Des essais de classement : ils disent si l'argile est plastique ou gonflante, ils ne mesurent pas les tassements sous une construction donnée.
Ce calcul revient à l'étude de conception, rattachée à un projet précis. Nous détaillons le contenu d'une étude G2 dans notre guide, ainsi que ses deux phases, AVP puis PRO.
Important : en zone d'exposition moyenne ou forte aux argiles, les articles L132-4 à L132-9 du Code de la construction laissent au constructeur de la maison un choix : suivre une étude de conception, ou appliquer des techniques particulières de construction fixées par arrêté. Une G1 seule ne couvre aucune de ces deux voies. Demandez par écrit laquelle votre constructeur retient.
Qui commande la G1 et à quel moment
Pour une vente, c'est le vendeur. L'article L132-5 lui impose de fournir l'étude préalable quand il vend un terrain non bâti constructible en zone d'exposition moyenne ou forte aux argiles. Le rapport est annexé à la promesse de vente, ou à l'acte sans promesse, puis suit le terrain à chaque revente.
D'autres acteurs interviennent aussi :
- Le vendeur d'un lot en lotissement fait réaliser l'étude à ses frais en zone exposée aux argiles, rappelle Service-Public. Une étude globale du lotisseur convient si le lot figure dans son périmètre et si ses conclusions s'appliquent à la parcelle.
- Une commune ou un aménageur commande parfois une G1 pour tout un lotissement, même en aléa faible, comme aux Herbiers en 2026.
- Le futur maître d'ouvrage remet la G1 annexée à son titre de propriété au constructeur, qui s'en sert pour orienter la suite des études.
Commandez-la dès que la vente se décide. Entre le devis signé et le rapport, comptez plusieurs semaines selon la saison et le planning du bureau d'études. Le montant dépend surtout de la surface, de l'accès et du nombre de sondages : nous détaillons le tarif d'une étude G1 et ce qu'il couvre dans notre guide. Le guide d'expertgeotechnique.com sur la mission G1 et ses pièges courants complète ce point côté bureau d'études.
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Trente ans de validité, sauf sol remanié
L'article R132-6 fixe la durée de la G1 à trente ans si aucun remaniement du sol n'a été effectué. Le même article limite l'étude de conception au projet pour lequel elle a été faite. La G1 reste attachée au terrain, la G2 à la maison.
Le Code ne dresse pas la liste des remaniements. En pratique, ces travaux justifient au minimum une réévaluation de l'étude :
- Un terrassement qui décaisse ou nivelle une partie de la parcelle après la date du rapport.
- Un remblai de terre, de gravats ou de tout-venant apporté sur le terrain.
- Une démolition avec arrachage d'anciennes fondations ou d'une cuve enterrée.
En cas de doute, demandez l'avis du géotechnicien qui a réalisé l'étude. Une G1 valide sur le plan réglementaire reste aussi à juger au regard de l'état du terrain et du projet. Les cas limites, comme un simple apport de terre végétale, sont passés en revue dans le guide d'expertgeotechnique.com sur la durée de vie d'une G1 et son renouvellement.
Pour rappel : la nouvelle carte des argiles, applicable depuis le 1er juillet 2026, ne fait pas à elle seule expirer une G1 déjà réalisée. Elle modifie le zonage, donc les ventes de terrains et les contrats de construction de maison concernés : les zones d'exposition moyenne et forte couvrent 55 % du territoire, contre 48 % en 2020, selon Service-Public.
Terrain modifié depuis la dernière étude
Un géotechnicien vous dit si une nouvelle G1 s'impose.
Questions fréquentes
Que contient une étude G1 ?
Un modèle géologique préliminaire du terrain, la liste des aléas repérés et le compte rendu de la visite du site. S'y ajoutent, si besoin, des sondages, puis des principes généraux de construction, par exemple sur le type de fondations et les précautions autour de la maison.
G1 ES et G1 PGC : quelle différence ?
La phase ES rassemble les données existantes et la visite du site pour repérer les aléas. La phase PGC en tire des orientations pour construire. Pour une vente soumise à l'obligation, le rapport doit contenir les deux phases.
Qui commande la G1 ?
Pour une vente, le vendeur d'un terrain non bâti constructible en zone d'exposition moyenne ou forte aux argiles. Il la fait réaliser à ses frais. Un acheteur, un lotisseur ou une commune a aussi la possibilité d'en commander une.
Combien de temps une étude G1 reste-t-elle valable ?
Trente ans à partir de la date du rapport, si le sol n'a pas été remanié. Après un terrassement, un remblai ou une démolition avec arrachage de fondations, faites réévaluer l'étude par un géotechnicien.
Pourquoi la G1 ne dimensionne-t-elle pas les fondations ?
Elle est réalisée sans connaître la maison : ni plan, ni implantation, ni charges. Ses sondages restent ponctuels. Le calcul des fondations et de la capacité portante revient à l'étude de conception G2, liée à un projet précis.
La G1 comporte-t-elle toujours des sondages ?
Non. L'arrêté prévoit des investigations si besoin. Le géotechnicien les décide selon le terrain, par exemple quand les données existantes ne suffisent pas à caractériser l'argile.
Une G1 réalisée sans visite du terrain est-elle conforme ?
Elle ne devrait pas être considérée comme complète. L'arrêté du 22 juillet 2020 prévoit une enquête documentaire avec visite du site et des alentours. Une simple compilation de cartes ne répond pas à cette exigence.
Une étude G1 suffit-elle pour construire ?
Non, elle ne dimensionne pas les fondations. En zone d'exposition moyenne ou forte, le constructeur suit une étude de conception G2 ou applique des techniques particulières de construction prévues par arrêté.
La carte des argiles de 2026 rend-elle une G1 caduque ?
Non, pas à elle seule. La G1 reste valable trente ans si le sol n'a pas été remanié. La nouvelle carte, applicable depuis le 1er juillet 2026, modifie le zonage et donc les ventes et projets de construction concernés.
Une G1 de lotissement couvre-t-elle chaque lot ?
Elle peut couvrir plusieurs lots, comme aux Herbiers avec 38 lots. Vérifiez que votre parcelle figure dans le périmètre étudié et que les conclusions s'y appliquent. En cas de doute, demandez confirmation au géotechnicien.
Que signifie « étude géotechnique préalable » ?
C'est le nom légal de la G1 dans le Code de la construction. Il désigne une première identification des risques du sol et la définition de principes généraux pour construire face au retrait-gonflement des argiles.
La G1 repère-t-elle les cavités souterraines ?
Elle signale les cavités ou indices de cavités trouvés dans les sources documentaires consultées. Une recherche exhaustive n'est pas forcément comprise : vérifiez les limites de prestation en fin de rapport.
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